Le bilan des incendies qui ont ravagé l'Australie pendant trois mois est lourd. Le feu a décimé des millions d’animaux. 480 millions rien que dans l’Etat de Nouvelle-Galle du Sud selon une étude de l’Université de Sidney. Le bilan total pourrait s’élever.
Il ne s’agit là que de la face émergée d’un iceberg australien qui continue de fondre de minute en minute. En trois mois, c’est un territoire deux fois supérieur à la superficie de la Belgique qui est partie en fumée. Et la flore comme la faune en sont les premières victimes. Selon une récente étude de l’Université de Sidney, 480 millions d’animaux auraient péri dans les flammes rien que dans l’Etat de Nouvelle-Galle du Sud.
Pour réaliser ces estimations, les scientifiques se sont basés sur une étude fournie par le WWF en 2007. Elle avait réalisé une estimation de la densité de population animale en Nouvelle-Galle du Sud pour ainsi étudier l’impact de la déforestation dans cette zone. Les scientifiques ont ensuite recoupé cette information avec les hectares ravagés par les flammes.
Pour Thierry Hance, professeur à l’UCLouvain et chercheur à la Earth and Life Institute de l’UCLouvain, cette estimation "est tout à fait crédible". "Quand on regarde la superficie de la Nouvelle-Galle du Sud, on est à plus de 3,6 millions d’hectares qui ont brûlé", ajoute-t-il avant de faire un rapide calcul. "Si on regarde cette superficie et le nombre d’animaux qui auraient péri soit 480 millions, on arrive à une moyenne d’un peu plus de 130 individus par hectare ce qui est tout à fait crédible". Et l’estimation ne concerne que les mammifères, les oiseaux et les reptiles. "Si on ajoute l’ensemble des espèces, on est bien largement au-dessus de cette estimation".
Les koalas particulièrement en danger
Dans ces incendies, certaines espèces sont particulièrement menacées. C’est le cas des koalas, emblème du pays. Selon Thierry Hance, l’Australie contient plus de 240 espèces de marsupiaux qui sont uniques et propres à l’Australie. Il ajoute que "parmi ces espèces, certaines sont déjà menacées. S’agissant des koalas, on sait que les populations ont déjà diminué de 40% dans les dernières décennies". "En plus, nous savons que les koalas sont particulièrement lents. Ils se déplacent beaucoup plus lentement qu’un incendie poussé par le vent.
Des conséquences à très long terme
Plus que les conséquences directes de ces incendies sur les populations d’animaux, ce qui inquiète ce sont les conséquences à long terme sur la flore et donc aussi la faune de ces territoires aujourd’hui dévastés. Une inquiétude que partage Thierry Hance, "Ce qui m’inquiète en dehors du bilan humain c’est le temps de régénération de cette forêt. On sait que c’est une forêt unique en Australie. Il s’agit en fait d’une forêt humide, le reste de l’Australie étant particulièrement sec et qui contient une faune tout à fait extraordinaire. Il faut compter sur un temps de régénération de la forêt de 200 à 250 ans pour retrouver une forêt dans l’état où elle l’était avant les incendies".